Le vélo et la marche sont deux modes de transport actif bénéfiques pour la santé car ils augmentent l’activité physique de l’organisme. Mais un transport actif augmente aussi la quantité d'air pollué inhalé, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives pour la santé. De plus, des études montrent que la pollution de l’air augmente le risque de certaines maladies comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires (1). La pollution de l’air est à l’origine de nombreux décès prématurés dans le monde. Alors peut-on pédaler en toute sécurité en ville?

Dans 99 % des villes, le bénéfice du sport est supérieur au risque lié à la pollution

Une équipe internationale de chercheurs a évalué le rapport bénéfice/risque d’un transport actif dans un environnement pollué (2). Les chercheurs ont modélisé les effets du vélo et de la marche dans différents environnements pollués et mesuré une durée à partir de laquelle il n’y avait plus de bénéfices pour la santé. Les effets sur la mortalité toutes causes confondues ont été testés.

L'étude a trouvé que seulement 1 % des villes du monde ont un niveau de pollution tel que les activités physiques en extérieur sont néfastes à la santé : les bénéfices pour la santé de la marche ou du vélo dépassaient les risques liés à l‘inhalation d’air pollué.

Pour Audrey de Nazelle, de l’Imperial College London, « La bonne nouvelle est que partout dans le monde, dans 99 % des villes, il est sans danger de faire du vélo jusqu'à deux heures par jour. » D’après Marko Tainio, qui a mené cette recherche, « Même à Delhi, l'une des villes les plus polluées au monde - avec des niveaux de pollution dix fois ceux de Londres – les gens devraient passer plus de cinq heures par semaine à vélo pour que les risques de la pollution l'emportent sur les avantages pour la santé. »

Il vaut quand même mieux éviter la proximité des voitures

Une étude de la Harvard School of Public Health (3) vient quelque peu nuancer cette idée : en partageant la route avec les voitures, un cycliste augmente de plus de 30 % son exposition aux polluants atmosphériques que s’il pédale sur une piste cyclable séparée de la route.

En ville, les émissions de polluants liées au trafic routier sont responsables d’une part importante de la pollution de l’air. Parmi les polluants atmosphériques, on trouve : les particules fines (PM 10 et PM 2,5, PM = particulate matter), le dioxyde d’azote NO2, le monoxyde de carbone (CO) et l’ozone (O3).

Des chercheurs de Boston ont mesuré la pollution le long de 5 itinéraires cyclables de la ville, comprenant des bandes cyclables directement adjacentes à la route, des pistes cyclables séparées de la route et des voies de circulation partagées par les bus et les vélos. Les chercheurs ont arpenté ces routes en vélo avec un dispositif de mesure de la pollution. Ils ont notamment mesuré deux éléments connus pour augmenter les risques cardiovasculaires et le risque de cancer du poumon : les particules de noir de carbone (black carbone) et le dioxyde d’azote.

Les particules de noir de carbone sont émises par les pots d’échappement (notamment des moteurs diesel) et représentent un traceur pertinent de la pollution liée au trafic routier. Le dioxyde d’azote est un gaz toxique issu de la combustion. Il provoque une inflammation des voies respiratoires.

Les résultats montrent que les concentrations en polluants sont un tiers plus élevées sur les bandes cyclables adjacentes aux routes que sur les pistes cyclables plus éloignées. La qualité de l’air est particulièrement mauvaise aux intersections où les voitures s’arrêtent et redémarrent. Conclusion : si vous avez le choix, optez pour les parcours verts.

L'idéal

S'éloigner des rues polluées. Une étude parue en 2017 dans la revue The Lancet rapporte que faire de l’exercice dans des rues polluées peut entraîner des problèmes respiratoires. Inhaler de l’air pollué, même pendant deux heures, peut rigidifier les artères et diminuer la fonction pulmonaire. La pollution provenant des véhicules diesel est particulièrement dangereuse.

Dans cette étude, 119 personnes âgées de plus de 60 ans - en bonne santé ou souffrant d’une maladie cardiaque ou pulmonaire - ont marché pendant deux heures, soit dans une rue animée du centre de Londres, soit dans un coin plus tranquille à Hyde Park.

Les résultats montrent que les personnes qui ont marché dans le parc, à distance de la pollution, ont vu leur capacité pulmonaire s’améliorer en une heure. Les bénéfices ont persisté pendant 24 heures. Leur flux sanguin a également augmenté, leur pression artérielle a diminué et la rigidité de leurs artères a diminué de 24%. Par contre, pour le groupe qui a marché dans la rue, la capacité pulmonaire n’a que légèrement augmenté et la rigidité artérielle a empiré de 7%.

Dans cette étude les dommages causés par le fait de respirer l’air pollué sont supérieurs aux bénéfices de l’activité physique. Mais étant donné que la pollution de l’air est très localisée, il suffit de quitter une rue avec beaucoup de circulation pour un parc pour inverser la tendance.

Et dans la salle de sport l’air est lui aussi pollué

Vous voulez vous réfugier dans la salle de gym pour éviter la pollution ? Ce n'est peut-être pas la meilleure idée... La qualité de l’air dans les salles de gym est influencée par l’entretien des bâtiments, les matériaux de construction, le type de ventilation mais également par le taux d’occupation et le type d’activités pratiquées.

Dans une étude portugaise (4), des chercheurs ont placé des équipements pour analyser la qualité de l’air dans des salles de sport à Lisbonne. Carla Ramos, auteure de l’étude a obtenu la permission de 11 salles de sport afin de disp  oser des appareils pour analyser la qualité de l’air à la fois dans les salles de musculation et dans les petites salles annexes. Les appareils ont été programmés pour analyser les polluants dans l’air en fin d’après-midi et le soir lorsque la fréquentation est plus élevée. Les chercheurs ont évalué les polluants généralement trouvés dans l’air en intérieur : monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, ozone ainsi que des particules en suspension dans l’air (poussières) et des produits chimiques (dont le formaldéhyde) libérés par les tapis, produits de nettoyage, meubles, peinture.

Les chercheurs ont trouvé des niveaux élevés de particules en suspension dans l’air, de formaldéhyde et de dioxyde de carbone (CO2) dans les salles de sport. Les concentrations de ces polluants dépassaient les normes européennes généralement admises pour la qualité de l’air intérieur. Les niveaux de ces polluants étaient particulièrement élevés pendant les cours d’aérobic, pendant lesquels les gens sont enfermés dans des petites salles, bougent beaucoup et respirent fortement.

« Les concentrations élevées de particules et de produits chimiques –comme le formaldéhyde- dans l’air représentent le problème le plus préoccupant. Ils peuvent causer asthme et problèmes respiratoires» dit Carla Ramos.  « Le dioxyde de carbone, même s’il n’est pas toxique, pourrait également être une source de préoccupation. A forte concentration, il peut entrainer fatigue physique et confusion cognitive, ce qui n’est pas souhaitable pendant un cours d’aérobic » ajoute Carla Ramos.


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