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Éducation

La rentrée scolaire. À son approche, de nombreux enfants (et leurs parents !) sentent le stress les envahir. Quelques pistes pour l'appréhender

au mieux.

Boule au ventre, insomnie, crise d'angoisse... Chaque année, quelques jours avant la fin des vacances, un sentiment peu agréable prend parfois possession des futurs écoliers : le stress de la rentrée scolaire. Cette peur, qui peut paraître disproportionnée, touche pourtant la plupart des enfants, et même certains parents. Pour le docteur Jean-Luc Aubert, psychologue clinicien à Nancy et créateur de la chaîne YouTube "Questions de psy", cette émotion est même "tout à fait normale" et permettrait en réalité "d'anticiper la plupart des situations problématiques auxquelles nous pourrions être confrontés".  

"Il faut bien comprendre que cette angoisse, à n'importe quel âge, est saine", explique-t-il à L'Express. Pour lui, tout repose sur un même constat : la peur de l'inconnu. "Il ne faut pas oublier que la peur est un procédé qui nous empêche de nous mettre dans des situations dangereuses. Et pour les enfants, se plonger dans l'inconnu représente un danger. C'est à cet instant que l'angoisse se déclare".  
La peur de l'inconnu

Pour le psychologue, l'angoisse de la rentrée est le fruit d'une multitude d'inquiétudes, qui engendrent des questions auxquelles des réponses concrètes ne peuvent pas toujours être apportées. "Cette peur est liée au fait que l'enfant ne connaît pas le lieu où il va atterrir, ni les personnes qu'il va rencontrer, ni les performances scolaires qu'il va devoir fournir. Il imagine comment tout cela va se dérouler et, ne pouvant trouver de réponses à ses questions, angoisse", explique-t-il.

"Tout cela est lié au fait que personne ne nous apprend jamais à être anxieux", ajoute Isabelle Filliozat, psychothérapeute et auteure de Mes peurs, amies ou ennemies ? (Nathan, 2017). "Nous avons donc tendance à prendre cette peur et à la grossir, plutôt que de l'utiliser comme une force, en la transformant par exemple en possibilité d'anticipation." Pour la spécialiste, la peur du changement, "tout à fait normale et naturelle", peut ainsi devenir une anxiété "démesurée" par rapport à la situation.

Selon Jean-Luc Aubert, un autre facteur s'ajoute à cette pression de l'inconnu et du changement, déjà bien présente : la notion de rentrée est directement liée à la notion d'obligation. "Vous passez tout simplement du concept de plaisir, lié aux vacances, à la détente, au lâcher-prise, à celui de contrainte. Si l'enfant est très angoissé par la réussite scolaire, qu'il se surinvestit à l'école, une sorte de pression inconsciente prend possession de lui et l'empêche de développer une attitude sereine." Cette angoisse peut même être accentuée par certains facteurs, comme un trauma déjà existant. "Ajoutez à ce stress un harcèlement de la part des copains, une peur de ne pas être à la hauteur au cours de sport, une phobie scolaire, une humiliation de la part d'un enseignant... Et l'angoisse de la rentrée sera démultipliée", analyse Isabelle Filliozat.  
Apporter des réponses

Mais comment calmer les inquiétudes de son enfant, et lui permettre d'appréhender cette rentrée sans angoisser ? "Il faut absolument éviter ce que j'appelle le terrorisme verbal", conseille Jean-Luc Aubert. "Il ne faut pas presser son enfant de questions quand lui n'en pose pas : éviter de lui demander comment il se sent, s'il appréhende, s'il a peur ou non de rencontrer de nouveaux camarades". Le psychologue recommande ainsi aux parents de laisser l'enfant poser lui-même ses questions, sans en rajouter, ni dramatiser.

"Et lorsque l'enfant se confie à l'adulte, il faut lui dire les choses simplement", précise Jean-Luc Aubert. "Il ne faut alors pas hésiter à lui dire que sa peur est normale, qu'elle est ressentie par d'autres enfants, que vous l'avez peut-être vous-même déjà ressentie et qu'elle disparaîtra au bout de quelques jours." Pour Isabelle Filliozat, la peur peut également disparaître par un procédé d'anticipation. "En se projetant, l'enfant sera capable d'appréhender ses peurs. Si l'enfant angoisse de ne pas être avec ses copains, au lieu de lui dire de ne pas s'inquiéter, on lui demande ce qu'il fera dans ce cas-là. Il trouve alors lui-même une réponse à ses questions. Et la peur n'est plus une peur, mais devient une simple possibilité à laquelle il peut apporter une solution", explique la psychologue.  

Pour les plus jeunes, avec qui la discussion peut être plus complexe, Jean-Luc Aubert apporte des solutions concrètes. Pour les enfants de maternelle, par exemple, pour qui la rentrée est particulièrement angoissante, le psychologue conseille de transformer l'inconnu en quelque chose de familier. "Vous pouvez accompagner l'enfant jusqu'à l'école avant la rentrée, afin de lui montrer le bâtiment, lui faire prendre le chemin qu'il empruntera tous les matins, et répondre à un certain nombre d'inquiétudes liées au lieu en lui-même".

Les tout-petits, qui n'ont pas la même notion du temps que les adultes, peuvent également s'angoisser du déroulement d'une journée d'école. "Je conseille alors de créer une petite frise chronologique de la journée, avec des dessins. Expliquer à quelle heure aura lieu le déjeuner, comprendre qu'on viendra le chercher à la fin de la journée... Le fait de matérialiser son quotidien le rassurera, tout simplement parce que tout cela n'est plus abstrait."

Pour le psychologue, il est surtout important de comprendre que, pour l'enfant comme pour l'adulte, cette angoisse de la rentrée est normale. "Dans toute période de transition, il existe une période d'inquiétude. Celui qui n'aurait pas peur serait justement anormal", analyse-t-il. "Lorsque notre cerveau fonctionne normalement, nous anticipons et voyons plusieurs issues possibles à une même situation. C'est de cela que naît la peur, et elle n'est pas négative. Au contraire, c'est celle-là même qui nous permet de nous adapter à chaque possibilité", conclut Isabelle Filliozat.


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